Un peu d'histoire ...

L’histoire de la ville d’Imphy est aussi modeste que son origine est mystérieuse. Le plus ancien document historique est une vieille charte de Charles le Gros datant de 887. Imphy existerait depuis le milieu du 9ème siècle.

En 887 Imphy s’appelait Amfiaco, en 1121 Amphéium, en 1287 Emphiacum, en 1400  Amphy en 1478 Ymphiacum et en 1491 Ymphi. C’était un fief dépendant de la Châtellerie de Nevers et longtemps uni à celui de Prye. Le père de la Reine de Pologne, Mari-Casimir de la Grange d’Arquian était Seigneur d’Imphy.

L’emplacement d’Imphy a certainement été occupé dès le paléolithique. Il semble qu’une tribu gauloise d’origine celtique aurait vécu à l’endroit où l’Ixeure se jette dans la Loire.

 
La vie à Imphy

En 1835, on compte 500 habitants. Une brigade de gendarmes à pieds est créée en 1856

Depuis 1857, on célèbre la St Paul, le dernier weekend de juin en l’honneur du Directeur de l’époque Paul DELAVILLE et de la nouvelle machine à vapeur.

L’abattoir commence son activité en août 1898 (actuellement la Maison des Jeunes)

Vers 1900, la localité est divisée en 2 parties distinctes : le « Bourg » avec 200 habitants  et la « Forge » 1 700. Seule l’usine est dotée de l’électricité. Une convention est signée en 1907 avec la commune pour l’éclairage des rues. Le téléphone fait son apparition en 1908.

C’est un bac qui assure le passage de la Loire entre Imphy et Chevenon. Le 1er pont sera construit en 1907.

Une activité importante est concentrée à la Forge à proximité de l’usine avec une cinquantaine de commerçants et artisans. Construction des « casernes » seule cité ouvrière constituée de bâtiments : « les Cours »,  petits logements de 2 ou 3 pièces, où vivaient plusieurs dizaine de familles.

 Le premier pont de Loire

 
La vie à cette époque

Le lundi, jour de lessive, les femmes faisaient la lessive à la Loire où dans le Bief de l’Ixeure, au lavoir du Grand Vernay. Les brouettes de linge circulaient dans les rues, poussées par les laveuses. Les jours de fêtes les repas étaient composés de pot au feu, de salade de pissenlits et de la galette aux pruneaux. La fête de la St Paul, le 14 juillet étaient parmi les occasions de rire et de s’amuser. L’Harmonie avait déjà une bonne réputation, elle fut harmonie de l’usine avant de devenir municipale. Une troupe de théâtre, la gymnastique, le bal offraient des distractions à la jeunesse. De temps en temps, un cirque ou un cinéma ambulant donnaient une représentation. Mais c’est la pêche qui était la principale distraction, le Bief, l’Ixeure, la Loire très poissonneux donnait un complément aux repas. Il y avait de nombreuses barques en bois goudronné les « gnoles » ancrées au bord de la Loire.

La Mairie actuelle et l’école Jean Jaurès remontent en 1913. Des bains-douches et une Bibliothèque ont été inaugurés le 21 septembre 1913 avec le Marché Couvert. Avant cette date, l’école de filles et la mairie étaient dans les locaux de la poste actuelle.

Avant 1913, il existait 4 écoles : l’école des garçons dans l’ancienne cantine de Chazeau construite en 1840, (elle a abrité la Mairie jusqu’en 1885), l’école des filles à la poste actuelle (construite en 1854), l’école du Bourg à l’emplacement du cimetière autour de l’église (construite en 1905 et une école enfantine y est annexée en 1909) et une école religieuse tenue par les sœurs de la Charité de Nevers de 1855 à 1903. Tenue ensuite par des institutrices « libres » dans des locaux appartenant à l’usine. En 1912, un Centre d’apprentissage ouvre ses portes rue de Chazeau.

Pendant la guerre 14/18, on construit beaucoup de petites maisons en durs pour les ouvriers et leur famille, les « Cantines » : cités ouvrières à la Cité de la Gare, et au Bourg « les Petits Champs », 10 maisons d’ingénieurs, 9 de Contremaîtres sont construites à la Turlurette.

Puis arrivent la construction de la cité du Chailloux en mars 1925, la cité des Milaments en 1932. 1933 inauguration de l’agrandissement de l’école de garçons au Bourg ( l‘école André Dubois actuelle). Certains de ces quartiers ont gardés leurs noms : Le Chinois pour les baraquements en bois, le Maroc et le Cosmos.

En juin 1940, le pont fut détruit par des soldats français pensant ralentir l’armée allemande, une passerelle provisoire le remplaça jusqu’en 1972.

Dans les années 50, le quartier du Beuche voit le jour, puis le quartier de Loire.

Dans les années 60, démolition des « Cours » qui devient la Place du marché appelée Place des Martyrs et démolition des « cantines » pour faire place aux HLM Jean Jaurès. Construction de l’école Maternelle du Beuche.

A cette époque la vie commerçante était très  importante autant au Bourg qu’à la Forge: cafés, bouchers, épiceries, boulangeries, pâtisseries, drogueries, pharmacies, garagistes, épiceries fines, merceries, restaurants, commerces de vêtements, chaussures, volailles, graineterie, vins et spiritueux, bois et charbons, coiffeurs, bijoutiers, pressing, cordonnerie, maréchal-ferrant…Le marché avait lieu le mardi au Bourg à la place de la salle des fêtes et le jeudi à la Forge au marché couvert et place de la Poste. On restait à Imphy, les supermarchés n’existaient pas.

L'Avenue Jean Jaurès

Les 2 Fêtes patronales : la St Paul : 3 jours de fêtes du samedi au lundi qui était férié. Les forains installaient leurs manèges de la poste jusqu’à la place des Martyrs et un Parquet était monté pour danser place Edouard Cantat. La fameuse course cycliste du tour du Beuche attirait énormément de monde. Puis la fête de la St Maurice : la salle des fêtes n’existait pas et jusqu’à la Place de l’église : manèges et loteries s’étendaient. On voyait souvent des personnes repartir avec un poulet, un lapin ou un canard vivant gagné à la loterie.

Le Garde champêtre jouait un rôle important dans la vie de tous les jours. En uniforme, képi, et tambour, il parcourait les rues et faisait son annonce avec son célèbre « avis à la population » et se terminait par « qu’on se le dise » Dès les 1ers roulements de tambour, les fenêtres s’ouvraient pour écouter.

A partir de 1970, l’extension de la ville est importante : au Bourg avec la construction de nouveaux quartiers et d’importants travaux sont réalisés par la Municipalité : 1974 Nouveau CES (futur Collège Louis Aragon), 1975 : Salle des Fêtes, 1981 : Gymnase Léon Wintzinger, 1992 : inauguration de la Maison de Retraite par Pierre Bérégovoy, 1999 : Espace Aquatique Amphélia, et  un passage souterrain à la gare, 2000 : le foyer de vie APF, lotissement des Hauts d’Amphélia etc…

Entre 1975 et 1981 : De nombreux commerces disparaissent. La vie et les mentalités changent… 1979 : construction du super marché (Maxi marché) à la sortie d’Imphy maintenant Atac.

2004 : travaux de déviation de la ville. C’est au cours de ces travaux qu’apparait un sanctuaire gallo-romain de grande envergure à la Garenne. D’importantes fouilles ont été effectuées pendant plusieurs mois par l’INRAP sur le site. On a identifié une quinzaine de sépultures, de nombreuses pièces de monnaie, de poteries, des ossements de mâchoires d’animaux. C’est un lieu de culte protohistorique de l’âge de fer qui a résisté et perduré jusqu’au IV siècle.

Dès 2008 : travaux importants au Grand Vernay avec la mise en place du tout à l’égout, travaux de rénovation de la 1ère tranche du Centre-ville. Inauguration de l’Espace de loisirs Amphélia, construction de la nouvelle gendarmerie etc…

 Mairie

le marché couvert
 
  L’église Notre Dame d’Imphy

D’abord simple chapelle bâtie vers le 3ème siècle, l’église de style roman est érigée en paroisse en 1130. Un cimetière l’entourait, les curés étaient enterrés derrière la plus ancienne maison (actuellement l’UTAMS). Elle se compose d’un chœur à fond plat, d’un transept et d’une nef. Le clocher quant à lui a été construit au 19ème siècle en respectant l’harmonie de l’édifice. Elle fut restaurée en 1857. En 1988, la municipalité lui a redonné une nouvelle jeunesse.

En 2008 : construction d’un orgue majestueux, la ville assure la maitrise d’ouvrage, le Maître d’œuvre est Eric BROTTIER, le facteur d’orgue Jean DALDOSSO.

Antoine PANEDA peintre local a réalisé les fresques sur le pupitre retraçant le travail de l’usine et la vie imphycoise.

2011 : inauguration de l’orgue par l’Evêque de Nevers Monseigneur Thierry BRAC  de la PERRIERE. En 2013 : cet orgue est dédié à Pierre Marie FOURT (Directeur général de l’usine) qui a mis en place la métallurgie de précision pour les industries de pointes  rendant ainsi un hommage à tout le personnel de l’usine.

 L'Eglise

          Orgue
 
 
  L’Usine

L’une des plus anciennes de France toujours en activité. On suppose qu’une forge existait déjà en 1587 à l’usine de Loire, car une pièce d’argent au nom du Roi Henri III a été retrouvée en 1912 au cours de travaux. Dans un registre paroissial datant de 1637 un baptême était enregistré, dont le père de l’enfant était forgeron et le parrain marteleur à la forge de l’usine.

Grâce à Colbert, l’usine fabriquait avec celle de Cosne sur Loire des ancres pour les bateaux du Roi Louis XIV.

Dès le 17ème siècle, la tendance de l’usine d’Imphy à travailler sur les études et techniques nouvelles se précise. Des ateliers nouveaux arrivent et se développent  jusqu’en 1859. Le traité du 23 janvier 1860 fixait pour une dizaine d’années l’état des relations commerciales entre la France et l’Angleterre. Il concernait surtout l’écart de prix de revient des fers anglais et français. La 1ère conséquence fut l’arrêt de la fabrication des grosses tôles à Imphy. La fermeture de l’usine fut une rude épreuve pour les imphycois.

Réouverture de l’usine en 1862 avec un nouveau procédé de fabrication de l’acier en grande masse. Imphy fait fonctionner le 1er convertisseur Bessemer, puis arrivent en 1865 les 1ers fours à creuset et les 1ères coulées des moulages d’acier. 1881 : installation des fours Martin destinés à l’élaboration des aciers pour la composition des ressorts. Ces moulages en acier furent une des principales activités de l’époque. Les 16 blocs en acier moulé où repose la Tour Eiffel en témoignent encore.

L’usine ne cesse d’évoluer : 1887 : acier et nickel NC4, 1895 : l’Invar par Charles Edouard Guillaume. Puis l’usine s’oriente plus précisément dans l’élaboration des aciers spéciaux. A partir de 1900 l’usine commence à s’agrandir et apporter de nouvelles installations : gros Mill, petit Mill. En 1911 Pierre Chevenard prend la direction du laboratoire de recherches avec Henri Fayol : la métallurgie de précision est née.

 

 

Pendant la guerre 14/18

For de ses nouvelles machines et installations, l’usine fabrique pour le Ministère de la guerre des blindages de pièces moulées pour autocanons, d’obus. L’atelier des Ressorts fabrique des lance-grenades tels que la « Sauterelle ». C’est à cette époque que des femmes furent recrutées pour remplacer les hommes partis au front. Des contingents de portugais, Grecs, Polonais et Chinois arrivèrent à Imphy et des baraquements furent construits autour de l’usine. Constructions importantes de logements pour accueillir tout le monde : la Cité de la Gare, les cantines, les Petits Champs. L’effectif est passé de 800 à 2100 ouvriers.

1931, pour la construction de l’usine de Chazeau, le lit de l’Ixeure a été partagé pour aménager la voie ferrée Loire-Chazeau. Le bief a été en service jusqu’en 1956 date où l’usine a été alimentée totalement en eau de la Loire. Le « tacot » (petit train qui assure la liaison entre les 2 usines) traverse encore la route de nos jours.

Le Bief

Tout au long du 20ème siècle et maintenant l’usine et ses filiales sont présentes dans les évolutions technologiques majeures : aventure spatiale, alliages magnétiques, matériaux composites, inox spéciaux, ses recherches sont toujours à la pointe du progrès.

 

Imphy maintenant

Imphy située à 12 kms de Nevers sur la rive droite de la Loire, à l’embouchure de l’Ixeure, entourée de forêts, compte 3600 habitants environ dont l’image restera longtemps liée à ses cheminées. Chef-lieu de canton depuis 1985, elle s’ouvre sur la diversité de son environnement et ses infrastructures.

La commune fleurie ayant obtenue 2 fleurs, est dotée d’équipements sportifs et culturels modernes, largement mis à dispositions aux nombreuses associations de la ville : salle de gymnastique spécialisée, gymnase, terrains de sport, espace aquatique et de loisir Amphélia avec une aire de camping-car, un étang de pêche, MJC, salles des fêtes, école de musique…Son Orchestre d’Harmonie fort de plus de 70 musiciens est classé en division d’honneur.

 Espace aquatique Amphélia